Sécurité routière : Nul besoin de limite d’âge au volant

Mercredi dernier, un homme a provoqué un accident de la circulation à Los Angeles. Un fait divers des plus banals en somme, qui est tout de même parvenu à traverser les océans, pour la simple et bonne raison que ce conducteur est âgé de 101 ans. Il n’en fallait pas moins aux partisans d’une limite d’âge au permis de conduire, pour faire de cet évènement l’illustration implacable de leur théorie.

En réalité, il est loin de s’agir d’un accident spectaculaire. Le vieil homme a blessé plusieurs écoliers et deux adultes, lors d’une malencontreuse marche-arrière. A-t-il été pris d’un moment de confusion dû à son âge ? Rien n’est moins sûr pour certains. Mais, pour d’autres, cet instant de trouble pourrait tout aussi bien être lié à l’alcool, la fatigue ou à la prise de certains médicaments. Autrement dit, à des facteurs qui concernent n’importe quel conducteur, indépendamment de son âge …

Une mesure inutile et discriminatoire

Geneviève Jurgensen, fondatrice de la Ligue contre la violence routière, estime qu’imposer une limite d’âge aux conducteurs serait inutile. Elle aurait pour seul résultat d’accélérer le processus d’isolement et de dépression auquel sont exposées les personnes âgées. Si certaines restrictions peuvent être imposées individuellement, aboutir à une interdiction globale n’apporterait aucun progrès en termes de sécurité routière mesurable.

La triste histoire de Los Angeles a fait parler d’elle, justement en raison de son caractère particulièrement exceptionnel. En effet, le sur-risque est lié non pas à la vieillesse, mais au contraire, au manque d’expérience. Force est de constater que les 18/25 ans sont les plus impliqués dans les accidents de la route, à l’inverse de leurs aînés. Redoublant de prudence en raison de leur grand âge, ces derniers jouent rarement les chauffards.

Aussi, trêve de rapprochement douteux et bon sens hasardeux, les personnes âgées ne doivent pas être prises pour cible, là où elles n’ont que peu de choses à se reprocher. La mesure discriminatoire réclamée par les partisans d’une limite d’âge se paierait au centuple, pour ces seniors précipités plus tôt encore vers la dépendance.

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