Permis de conduire pour les sourds et les malentendants : un petit pas de plus…

Ce mercredi 10 février, un plan sur trois ans a été lancé par Xavier Darcos (ministre du Travail) et Nadine Morano (Secrétaire d’État à la Famille et à la Solidarité) pour une meilleure intégration des sourds et des malentendants. Toute une série de mesures sont prévues, et l’une d’entre elles concerne le permis de conduire : l’État prendra en charge les frais d’interprète pour le passage des examens.

Journée mondiale des sourds

Depuis le 3 août 1959, les sourds et malentendants ont le droit de passer le permis. Pour ceux qui en douteraient, un défaut d’audition ne génère pas de risque supplémentaire : c’est la vue, et plus encore la capacité d’analyser ce qui entre dans le champ de vision, qui est indispensable pour conduire. Toutefois, la majorité des sourds et malentendants étant illettrés, le passage de l’épreuve pratique représentait encore un obstacle quasi-infranchissable.

C’est en 2005 seulement qu’une disposition légale est venue pallier à ce problème : des sessions spéciales pour les sourds et malentendants sont organisées dans les centres d’examen. Ces sessions prévoient un temps de réponse supérieur (30 secondes par question contre 25), et la possibilité de se faire assister d’un interprète en langue des signes pour la traduction des questions.

Cette mesure comportait toutefois deux inconvénients majeurs : son coût et sa mise en pratique. Le plan mis en place par Xavier Darcos et Nadine Morano règle en partie le premier problème : désormais, les frais d’interprète seront pris en charge pour les deux examens pratique et théorique (mais non pour la formation…).

Par contre, le deuxième problème reste intact : alors que la langue des signes est obligatoirement spatialisée, l’interprète n’est pas autorisé à regarder la diapositive associée à la question qu’il traduit. Ainsi, pour traduire « Je cède le passage à la voiture rouge », le traducteur est contraint d’indiquer une position pour cette voiture rouge – à droite ou à gauche. Comme il n’a pas accès à la réalité de la diapositive, il choisit une position au hasard : si celle-ci est en contradiction avec ce que montre la photo, cela risque de perturber le candidat, qui ne saura s’il doit se fier à la couleur ou à la position du véhicule.

La mesure qui concerne le permis de conduire dans le plan lancé mercredi est donc toujours bonne à prendre… mais encore insuffisante pour pouvoir prétendre à un accès réel au permis de conduire pour la majorité des sourds et malentendants.

A bon entendeur…

Une réponse à Permis de conduire pour les sourds et les malentendants : un petit pas de plus…

  1. djoghlalbelkacem dit :

    dans le cadre de conduite défensive et la prévention routière qui rencontrent de gros problèmes
    avec les infractions au code de la route vous venez d’ajouter un autre problème majeur aux routiers .pensez y

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