La réunion du CNSR, entre débats et projets

Réuni le vendredi 21 juin 2013, le Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) a annoncé un programme détaillé impliquant, dans les mois et années à venir, la mise en place de nouvelles mesures. Parmi les préoccupations au goût du jour, Manuel Valls a pointé du doigt deux questions essentielles : celle de l’introduction des « boîtes noires » dans les voitures et celle relative au problème des « remontées inter-file » effectuées par les deux-roues.

Bientôt des boîtes noires dans nos voitures ?


A l’heure actuelle, si aucun pays n’a encore imposé un tel système dans la conduite automobile, la question des boîtes noires reste, selon le Ministre de l’intérieur, une piste à étudier. En effet, leur vocation – déterminer précisément les événements techniques précédant un accident – résiderait davantage dans la protection que dans la pénalisation. Enfin, pour appuyer ses propos, Manuel Valls attire l’attention sur les supposées vertus dissuasives de ces enregistreurs de données : le simple fait d’en posséder un permettrait aux usagers de redoubler de prudence sur la route.

Limiter et contrôler la vitesse

Le sujet épineux des limitations légales de vitesse, à l’origine de nombreux désaccords, ne peut être évité dans ce type de manifestations. En ce sens, on déplore toujours un nombre important d’accidents qui, à une allure plus modérée, ne surviendraient pas – notamment sur les axes secondaires, dont la vitesse maximale pourrait être revue à la baisse.

Afin d’inciter les conducteurs à lever le pied, le France est équipée de plus de 4 000 radars de toutes natures. Aujourd’hui, l’objectif n’est plus de multiplier les dispositifs, mais plutôt de les optimiser : progressivement, les vieux modèles seront remplacés par des produits plus intelligents et plus efficaces, à l’instar des radars tronçon ou embarqués. Pour aller plus loin, le délégué interministériel suggère même la mise en place de systèmes ultra-modernes, dont la technologie, active sur l’électronique du véhicule, ajuste de façon autoritaire la vitesse maximale en fonction de l’axe fréquenté.

Lutter contre la distraction


A l’issue d’un vote, le CNRS s’est prononcé contre l’utilisation des kits main-libre au volant. Stipulant que toute conversation téléphonique est susceptible de distraire, leurs recommandations orientent les usagers vers le recours aux technologies Bluetooth. C’est après avoir rappelé quelques chiffres éloquents – plus d’un jeune sur deux utilise son mobile en conduisant ou la distraction, cause de près de 10 % d’accidents mortels – que Frédéric Péchenard, délégué interministériel à la sécurité routière, a affirmé l’utilité d’une nouvelle campagne de sensibilisation. Finalement, le CNSR prescrit l’intégration d’un nouveau module dans la formation au permis de conduire, centré sur les risques d’un comportement distrait.

Réformer le permis de conduire

Concernant l’apprentissage de la conduite, la réunion entre ministres et CNSR ne s’est pas uniquement penchée sur les modalités de sensibilisation. Ainsi, un nouveau groupe de travail devrait, dès juillet 2013, repenser d’une façon générale l’examen du permis de conduire : tandis que plus de deux mois s’écoulent entre l’inscription en auto-école et l’obtention du précieux sésame, Manuel Valls souhaiterait réduire ce délai, tout en mettant l’accent sur de nouvelles campagnes sur l’alcool, la vitesse ou la fatigue.

Sécuriser les deux-roues

Conscient que les risques associés à la circulation en deux-roues restent souvent sous-estimés, le CNSR prévoit de nouvelles mesures visant à diminuer la mortalité des cyclomoteurs. Tout d’abord, en votant en faveur de la généralisation de la détention d’un gilet jaune à tous les utilisateurs. Une mesure, attirant les foudres de la Fédération des motards en colère dont les revendications resteront vaines puisqu’il est même question de renforcer la pénalisation en cas de non-port du gilet : la contravention pourrait passer de 35 à 135 €.

Enfin, la commission deux-roues du CNSR a évoqué la circulation inter-file, qui, bien que souvent tolérée, reste illégale. A l’origine de nombreux accrochages et accidents parfois plus graves, cette pratique fera, dans les mois à venir, l’objet de nouvelles expérimentations. L’enjeu est finalement de poser des limites claires et précises, afin de décourager au maximum la mise en péril des différents usagers.

2 réponses à La réunion du CNSR, entre débats et projets

  1. SPARK dit :

    Bonsoir Geoffrey, bonsoir tout le monde. Et Tout d’abord toutes mes excuses à Geoffrey pour avoir mal orthographié son patronyme pendant si longtemps ( froy au lieu de frey ) Venons-en au vif du sujet: le CNSR. qui a abordé plusieurs questions relatives à la sécurité routière (ce qui n’a rien d’étonnant car c’est son travail!)

    Mon point de vue est mélangé.Je suis même plutôt sceptique à propos de l’interdiction des téléphones « mains libres ». Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en discuter avec des collègues ou amis, mai s j’ai l’impression que cette mesure se heurterait à la même « résistance » que l’utilisation des feux de croisement de jour. Wait and see…

    En revanche je suis tout à fait chaud ( feeling hot, hot, hot, air connu ) pour le principe de la boîte noire qui a également été évoqué à ce conseil de la sécurité routière. Ce dispositif aurait un double effet. Un effet préventif auprès des conducteurs qui, sachant qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi sans laisser de traces seraient incités à une conduite civilisée, et un effet « curatif » après un éventuel accident, la boîte noire permettant de constater tous les paramètres: allure, décélération, clignos, angle de braquage des roues, bref toutes les données permettant de répartir les responsabilités.

    Hélas, hélas, hélas ce système n’étant pas un gros pourvoyeur d’amendes, contrairement aux radars, il est à craindre que beaucoup d’eau coule sous les ponts avant qu’il ne soit généralisé.

    SPARK

  2. iznogood dit :

    Et, l’éducation dans tout ça … ?

    On sait faire des mises à niveau dans les domaines S.S.T., C.A.C.E.S., Travail en hauteur, Habilitations électriques, etc… dans tous les domaines en fait, mais pas sur les 23 thèmes de la sécurité routière, le code de la route, le code de la conduite.C’est la SEULE formation qui ne nécessite pas de rappel !!!

    L’Homme et son égo… c’est comme le casque qui protège la tête, a été inventé 100 ans après le protège-couilles, ça laisse matière à méditer.

    C’est tout juste incroyable, je ne comprends pas ça, pourtant je suis sûr que ça diminuerait fortement le coût de l’insécurité routière. On passe un examen une fois, et c’est bon pour la vie ?, déjà que le code de la route enseigné aux élèves permis de conduire est une synthèse des 2 « bibles » qui compose ce dernier. Autant dire que l’intérêt est rarement perçu.

    Des formations obligatoires, de TOUT les différents usagers et assimilés de la route.

    BEPECASER déçu

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