Passages à niveau : et si on mettait un feu rouge ?

Le problème de la sécurité aux abords des passages à niveau ne date pas d’hier, et pour cause : de trop nombreux accidents se produisent chaque année, et se soldent systématiquement par un bilan dramatique.

Comme le 2 juin 2008 à Allinges (Haute-Savoie), où la collision entre un TER et un car scolaire avait causé la mort de 7 enfants.

Ou comme ce dimanche, à Castellas (Hérault) et à Longages (Haute-Garonne), où deux automobilistes sont décédés.

En 2008, on comptabilisait au total 38 morts et 8 blessés graves dans des accidents survenus à proximité de passages à niveau.

Aujourd’hui, une dépêche AFP* nous apprend que le nombre de ces accidents pourraient être fortement réduit si les traditionnels feux rouges clignotants des passages à niveau étaient remplacés par… un feu rouge fixe !

Comme l’explique M. Jacques Robin, qui est notamment expert auprès de la commission de l’OCDE « usagers vulnérables de la route » et expert en accidentologie, le feu rouge clignotant, « dans l’esprit de la majorité des conducteurs, indépendamment de la couleur, est considéré comme moins impératif qu’un feu fixe ».

Et il explique également que, pour la plupart des usagers de la route, « le clignotement signifie « prudence » et non « arrêt » ». M. Robin constate d’ailleurs que « la SNCF se garde bien de l’employer elle-même pour ses trains » et utilise… des feux rouges fixes, parfois même doublés ou triplés…

Dans le plan Busserau, amorcé en juin 2008, 20 mesures ont été proposées pour améliorer la sécurité aux abords des passages à niveau. Mais aucune d’entre elles ne remet en question la pertinence de la signalisation actuelle. L’enveloppe de 100 millions d’euros aurait pourtant certainement pu financer la suppression des actuels feux clignotants, et leur remplacement par des feux rouges fixes…

Dommage que M. Robin n’ait pas été intégré à la réflexion du ministère des Transports, où il est pourtant connu puisqu’il a lui-même été chef du département sécurité-voirie au CERTU (Centre d’Etude sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques) entre 1992 et 2000.

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