Spots de prévention pour la sécurité routière : faut-il opter pour le trash ou pour le poétique ?

En France, les spots de la Sécurité Routière ne montrent que très rarement la violence d’un accident dans toute sa crudité. Chez le spectateur, les émotions sont suscitées par l’allusion ou en montrant la douleur des proches, comme dans les spots « les coups de fil » qui passent actuellement sur la plupart des chaînes tnt. Régulièrement, des débats naissent autour de l’efficacité supposée des spots de prévention : faut-il opter pour le discours coup de poing, quitte à choquer ou à banaliser encore un peu plus la violence ? Ou faut-il au contraire se faire plus allusif encore, pour éviter de raviver les douleurs de ceux qui ont vécu la situation mise en scène, ou encore pour axer la campagne sur un message positif et non sur la peur ?

Prévention Routière

En Grande-Bretagne, le débat est actuellement illustré de manière éloquente par deux spots de prévention qui se situent chacun à l’un des extrêmes évoqués. Contrairement à la France, dont les campagnes de prévention se décident au niveau national, la Grande-Bretagne laisse davantage de latitude à ses différents comtés dans ce domaine. A travers deux spots très différents lancés respectivement dans les comtés de Gwent et du Sussex, le message de prévention passe de deux manières extrêmement différentes : tandis que le Gwent opte pour le trash extrême, le Sussex mise sur l’extrême poésie…

Dans le spot du comté du Gwent, une jeune fille, provoque un accident en essayant d’envoyer un sms alors qu’elle est en train de conduire. Le style, volontairement très réaliste, donne l’impression d’assister à l’accident en direct. Bizarrement, le plus éprouvant n’est pas forcément la vision des corps ensanglantés, mais les cris de la jeune fille qui découvre l’ampleur du désastre – un point en faveur de l’allusion ?

Dans le spot du Sussex, au contraire, rien n’est montré. Une famille est réunie dans un salon. Le père, assis sur une chaise, mime, au ralenti, la conduite. Sa femme et sa fille le regardent en souriant. Échange de regards complices : lorsque le père tourne à nouveau la tête en direction de la route supposée, son expression indique un obstacle, qu’il tente d’éviter. La femme et la fille viennent entourer le père en le maintenant à la manière d’une ceinture de sécurité. Tout le monde s’en sort : « embrace life ». Mais un tel spot parvient-il réellement à marquer les esprits suffisamment pour avoir un véritable effet ?

Trash ou poétique, chacun a sa conviction. Certains disent même que, malheureusement, toutes les campagnes du monde sont inutiles tant que le drame n’a pas été vécu à la première personne… Un mode d’apprentissage qu’on ne souhaite évidemment à personne…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *