Rapport sur la sécurité routière dans le monde en 2013 (OMS)

Rapport de l'OMS sur la sécurité routière dans le monde en 2013

L’Organisation mondiale pour la Santé vient de publier un rapport de situation sur la sécurité routière dans le monde en 2013. Il y a quatre ans, elle poussait les pays à agir ; aujourd’hui, elle souhaite soutenir la décennie d’actions – 2011-2020 – initiée en 2010 par de nombreux gouvernements et dont le but est d’inverser la tendance du nombre de décès imputé aux accidents de la route, soit 5 millions de vies sur 10 ans.

Un point sur la situation dans le monde

Depuis 2007, les interventions mises en place dans les différents pays ont permis d’enrayer la hausse du nombre de morts sur les routes : cependant, près de 1,24 million de décès par accidents de la circulation surviennent encore chaque année dans le monde. Et ce sont les pays à revenu intermédiaire qui alourdissent ce bilan : avec un taux de mortalité de 20,1 pour 100 000 habitants, ils représentent 80 % des décès alors que ces pays représentent 72 % de la population mondiale et seulement 52 % des véhicules immatriculés dans le monde.

D’un point de vue géographique, la Région africaine est celle qui enregistre le plus fort taux de mortalité par accidents de la route, même s’il existe de grandes disparités au sein d’une même région. Notamment au sein de la région Europe, qui a pourtant le taux le plus faible (schéma ci-dessous).

« Les usagers de la route vulnérables » sont concernés par la moitié des décès survenant dans le monde. En moyenne, 22 % concernent les piétons, 5 % les cyclistes et 23 % les motocyclistes. Par contre, ces chiffres évoluent considérablement en fonction des us et coutumes de la région : en Afrique, le pourcentage de décès des piétons est de 38 %, car la majorité des déplacements se fait à pied ; par contre, dans les pays du Pacifique occidental, 36 % d’entre eux concernent les 2 ou 3-roues à moteur.

Détails des décès par région

Les avancées législatives

« On a pu constater que l’adoption et l’application de lois englobant les principaux facteurs de risque (vitesse, conduite en état d’ivresse, port du casque, port de la ceinture et dispositifs de sécurité pour les enfants) permettaient de réduire le nombre de traumatismes dus aux accidents de la circulation ». (rapport de l’OMS).

Vitesse. La vitesse la plus adaptée en ville est de 50 km/h : 114 pays l’imposent en ces termes, mais ils représentent moins de la moitié de la population mondiale. Et seulement 59 pays (2,67 milliards de personnes) imposent une limitation de vitesse et autorisent les autorités locales à la réduire davantage au besoin.

Ivresse. 89 pays, soit 66 % de la population mondiale ont adopté une législation qui limite l’alcoolémie à 0,05 g/dl. Mais chez les jeunes conducteurs, le risque d’accident est deux fois supérieur à celui encouru par les autres conducteurs : or, seulement 42 pays imposent un seuil à 0,02 g/dl pour ce public.

Casque. Malgré l’expansion des deux-roues à moteur dans de nombreux pays, seuls 90 pays se conforment aux critères jugés impératifs, à savoir le respect de normes de sécurité adaptées aux conditions de circulation et à la situation climatique du pays.

Ceinture. Aujourd’hui, le port de la ceinture est obligatoire dans 111 pays, soit 69 % de la population mondiale. Et depuis 2008, 10 autres pays ont adopté une loi visant cette question. Malheureusement, un quart d’entre eux estime « satisfaisante » son application…

Enfant. 96 pays ont voté une législation pour l’installation de dispositifs de sécurité pour les enfants, majoritairement les pays à revenu élevé. Mais seuls 17 pays jugent « satisfaisante » l’application de leur législation.

Détails de l'évolution de la législation globale

Le rapport pointe également du doigt la négligence des politiques vis-à-vis des piétons et des cyclistes. Plus globalement, même si de réels progrès ont été initiés, il s’agit aujourd’hui d’accroitre les mesures pour empêcher les décès évitables. Pour cela, l’OMS préconise différentes choses, par exemple :

–          L’adoption d’une législation globale pour favoriser les meilleures pratiques sur les 5 principaux facteurs de risque ;

–          L’investissement en ressources humaines et financières pour une meilleure application de ces lois ;

–          La mise en place d’actions pour offrir davantage de sécurité aux piétons et cyclistes.

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