Réforme du permis de conduire : les inspecteurs en grève

Les mesures de la reforme du permis de conduire

Devant les propositions du gouvernement pour une nouvelle réforme du permis de conduire, les inspecteurs auto-école restent très sceptiques : le 25 juin, deux syndicats distincts – dont le majoritaire – ont appelé à la grève.

Les mesures de la réforme du permis de conduire

Depuis plusieurs mois, le gouvernement français affiche sa volonté de réformer le permis de conduire. En effet, s’il apparaît comme coûteux et long à passer pour la plupart des jeunes apprentis, le but est d’écourter – au maximum – les délais, pour diminuer le nombre de leçons à passer et, en conséquence, réduire le budget lié à l’obtention du précieux sésame.

Concrètement, il s’agirait d’avoir recours à des retraités de la gendarmerie pour surveiller le code dès cet été, avant de demander à un prestataire privé d’effectuer cette tâche à partir de 2015. Par ailleurs, le travail des inspecteurs serait – finalement – entièrement consacré au passage de l’épreuve pratique, puisqu’ils n’auraient plus à surveiller l’examen théorique.

Cependant, les syndicats voient en ces mesures un prétexte pour privatiser, sur le long terme, l’examen du permis de conduire. En ce sens, ceux-ci accusent la fin d’un service public, dont les conséquences ne permettraient pas de réduire le prix du permis de conduire.

Des inspecteurs en grogne contre le gouvernement

Des inspecteurs en grogne contre le gouvernement

Dans sa réforme pour le permis de conduire, le gouvernement va – selon les syndicats – trop loin. En effet, cette menace de privatisation apparaît, pour eux, comme la fin d’une époque favorable au permis de conduire passé dans de bonnes conditions : la privatisation pourrait accroître les phénomènes de concurrence, totalement incompatibles avec le passage de l’examen pratique dans un climat de neutralité.

Si le mouvement de grève ne permet pas – lui non plus – de réduire les délais de passage du permis de conduire, le syndicat SNPTAS-CGT affirme que le passage en force de cette réforme dépasse largement les objectifs annoncés, puisque ses conséquences se répercuteront sur de nombreux aspects du permis de conduire.

Concrètement, les syndicats réclament la suspension de cette réforme supposée rendre les inspecteurs plus disponibles pour l’épreuve pratique. Ainsi, cette journée de mobilisation du 25 juin aura servi d’avertissement avant la période estivale. En ce sens, si le gouvernement ne recule pas sur sa réforme, les syndicats risquent de prévoir d’autres manifestations et grèves, en vue de pousser l’État à revoir ses législations, dans l’optique d’éviter une privatisation du secteur.

Autres solutions pour reduire les delais dattente au permis de conduire

D’autres solutions pour réduire les délais d’attente au permis de conduire

Si certaines auto-écoles sont favorables à une privatisation progressive du milieu du permis de conduire, les syndicats appelant à la grève ne sont pas de cet avis. Pour eux, d’autres solutions peuvent être adoptées, dans l’optique d’améliorer les conditions de passage du permis de conduire.

En effet, une réduction des délais serait possible en recrutant 100 à 150 inspecteurs supplémentaires sur le territoire national : c’est bien leur pénurie qui contribue malheureusement à l’allongement des semaines d’attente avant de pouvoir passer – ou repasser – l’épreuve.

Toutefois, les syndicats sont plutôt d’accord avec d’autres mesures annoncées par le gouvernement. Pour eux, l’abaissement de l’âge de la conduite accompagnée à 15 ans au lieu des 16 actuels est une bonne idée. Par ailleurs, l’idée d’un nouveau format, la conduite supervisée, commence à émerger : il s’agirait de s’entraîner en trois mois au lieu de deux ans actuellement.

Finalement, le fait de pouvoir passer le permis de conduire avant 18 ans reste, pour les inspecteurs en grève, une solution néanmoins appréciée. En effet, ils estiment que les jeunes ont, à cet âge, beaucoup de préoccupations – comme le baccalauréat ou la recherche d’un logement étudiant. A ce titre, il est judicieux de passer l’examen plus tôt, pour être plus serein à l’âge de 18 ans.

Concernant la privatisation progressive du secteur du permis de conduire, le gouvernement n’a – pour le moment – affiché aucun changement de programme. Les semaines et mois à venir nous permettront de voir, dans le cas où la mobilisation continue, si les mesures prises seront revues par l’État.

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