Une réforme du permis de conduire est-elle possible ?

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Après les nombreuses grèves des inspecteurs du permis de conduire, les réformes semblent finalement être au point mort. Aujourd’hui, les négociations sont de plus en plus difficiles et on peine, avec le gouvernement, à trouver des accords.

L’annonce de « mesures concrètes » par Emmanuel Macron

Le 16 octobre dernier, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, a annoncé avoir prévu, « dans les prochaines semaines », des « mesures concrètes » dans le but de réformer l’activité des auto-écoles. En effet, l’objectif serait de simplifier les règlementations actuelles, principalement pour réduire les coûts – mais aussi pour diminuer les délais d’attente pour passer l’examen, encore très longs.

En collaboration avec Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, il s’agirait de négocier avec les professionnels du permis de conduire et de trouver un terrain d’entente, ce qui semble encore difficile pour le moment.

Pour rappel, depuis le 1er juillet, le gouvernement a décidé de confier la surveillance de l’examen théorique du code de la route à des gendarmes ou policiers en retraite. Il est question, ainsi, d’offrir la possibilité aux inspecteurs de se consacrer entièrement à l’épreuve pratique, pour pouvoir faire passer plus de candidats dans une seule et même journée.

Depuis le 1er août, l’épreuve de conduite a également été réduite de 35 à 32 minutes : chaque inspecteur peut désormais faire passer 13 apprentis conducteurs par jour, au lieu de 12 auparavant. Au-delà de ces mesures, aucune autre décision ne semble se concrétiser depuis cette dernière modification, datant de l’été dernier.

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Les négociations au point mort

Selon une actualité rapportée la semaine dernière par le journal Le Figaro, les organisations syndicales des auto-écoles auraient quitté les négociations. Pour réformer le permis de conduire, six tables rondes en collaboration avec la Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières (DSCR) ont été réalisées.

Finalement, les syndicats demandent à rencontrer le ministre de l’Intérieur, de l’Économie et l’Elysée, afin de trouver un accord plus pertinent. Selon le vice-président de l’Union Nationale des Indépendants à la Conduite (UNIC), Emmanuel Macron gère les discussions et s’oriente vers une baisse des coûts sans tenir compte « des impératifs de la sécurité routière ». En ce sens, la priorité semble être donnée à la gestion des tarifs et non à la sensibilisation aux dangers de la route, pourtant essentielle pour les jeunes.

Naturellement, les négociations sont suspendues et non rompues, à en écouter les affirmations du président de l’école de conduite française, Bruno Garancher. Il demande à être reçu comme il le souhaite, pour mieux penser la réforme et prendre des décisions cohérentes avec le maintien d’un diplôme de qualité, formant à la sécurité sur la route.

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Des réformes nombreuses mais difficilement efficaces

Delphine Garnier, analyste de Génération Libre, affirme que le problème du permis de conduire relève d’une question de société. Elle déplore une situation « anormalement complexe et bloquée », avec un coût de la formation exorbitant, des « délais anormaux », une « formation imparfaite » ou encore un « système bureaucratique ».

Pour elle, le problème essentiel se trouve dans l’obligation pour l’auto-école d’obtenir un agrément. Ce dispositif nuirait considérablement à la « libre concurrence et à la liberté des choix du consommateur ». Delphine Garnier dénonce en outre les difficultés, pour Ornikar, d’obtenir l’agrément et d’exercer dans le secteur du permis de conduire : dans son raisonnement, cette start-up est réellement innovante et mérite de pouvoir se développer, puisque son déploiement permettrait l’accès à un permis de conduire sur-mesure et moins cher, grâce au passage en
candidat libre.

Finalement, l’analyste propose l’abolition du monopole des auto-écoles dans l’obtention du permis de conduire. En effet, dans certains pays comme les États-Unis, la Belgique ou le Royaume-Uni, une formation low-cost est d’ores et déjà accessible, ce qui devrait, pour elle, être le cas en France.

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