Tempête dans un bénitier

Brassens aurait sans doute eu de la sympathie pour Margot Kässmann, évêque luthérien de Hanovre contrôlée à l’éthylotest à 1,54 gramme d’alcool par litre de sang …

Cette bouteille était tombé’ / De la soutane d’un abbé / Sortant de la messe ivre mort / Une bouteille de vin fin / Millésimé, béni, divin / Je la recueillis sans remords / Et je repris ma route en cherchant, plein d’espoir / Un brave gosier sec pour m’aider à la boire

Mais la mésaventure de Margot Kässmann lui a coûté davantage que des chansons…

Tempête dans un bénitier

Les faits : samedi soir, à Hanovre, Margot Kässmann brûle un feu rouge. Elle est arrêtée et contrôlée à l’éthylotest avec 1,54 gramme d’alcool par litre de sang.

En Allemagne, comme en France, la limite est normalement fixée à 0,5 grammes d’alcool par litre de sang : Margot Kässmann avait donc un taux d’alcool environ 3 fois supérieur à la limite légale… Elle ne nie d’ailleurs pas sa culpabilité : « Je suis effarée d’avoir commis une erreur aussi grave ».

D’un point de vue pénal, la sanction n’est pas encore tombée mais peut aller jusqu’à un an de retrait de permis, et « une amende équivalent à un mois de salaire ». Pour l’Église protestante d’Allemagne, en revanche, les retombées de cet incident étaient plus difficiles à évaluer. Margot Kässmann est à la fois très connue et très aimée du peuple allemand. Elle a été la plus jeune évêque d’Allemagne en 1999, puis a été de nouveau sous les projecteurs lors de son divorce en 2007, après 26 ans de mariage avec un autre membre haut-placé de l’Église protestante d’Allemagne : Margot Kässmann a aussi été le premier évêque à demander le divorce ! En octobre 2009, âgée de 51 ans et mère de 4 enfants, elle a été élue présidente du Conseil de l’Église protestante d’Allemagne (EKD) pour 6 ans. Elle a un jour été décrite par un journal allemand comme « un mélange de mère Térésa et de Demi Moore »… Margot Kässmann s’était aussi illustrée en s’opposant à l’intervention des troupes allemandes en Afghanistan, pourtant soutenue par le gouvernement.

A l’annonce de la mésaventure de sa présidente, le Conseil de l’Église Protestante a affirmé son soutien à Margot Kässmann, tout en lui laissant prendre elle-même « la décision concernant le chemin qui devra ensuite être pris ensemble ». Aujourd’hui, à 15h, une conférence de presse devrait annoncer sa décision. Tous les pronostics semblent néanmoins laisser peu de place au suspens : Margot Kässmann, qui avait affirmé qu’elle « assumerait évidemment les conséquences » de son acte, devrait annoncer sa démission du Conseil.

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