Les auto-écoles contre Ornikar, David contre Goliath

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Mars 2014, la colère gronde et les voix s’élèvent parmi les auto-écoles françaises. La raison de leur mécontentement n’est autre que le développement d’un permis low cost, avec cours de Code en ligne et moniteurs indépendants. Des solutions à bas coûts, que propose la société Ornikar, contre lesquelles se battent depuis plusieurs mois les auto-écoles. État des lieux d’une bataille pour le bon apprentissage de la conduite.

 

Quand les auto-écoles s’attaquent au permis low cost

David contre Goliath. La menace représentée par la société Ornikar est stupéfiante, si l’on considère qu’elle est seule face à 12 000 auto-écoles en France. Pourtant, l’entreprise effraie par son modèle hors-norme. Fondée par deux jeunes âgés de 25 ans, Ornikar propose des formules à bas coût. Elle permet à ses clients d’obtenir le permis de conduire, en payant jusqu’à 1500 euros moins chers que par d’autres circuits. Grâce à des services entièrement numériques, à une absence de locaux et à des moniteurs indépendants, les deux entrepreneurs ont réussi à casser les prix. Alors que le gouvernement tente de réformer le précieux sésame, sans succès, depuis des années, cette solution peu chère interroge et inquiète.

 

Car si la solution est séduisante, le syndicat de l’Union Nationale des Indépendants de la Conduite (UNIC), ainsi que d’autres organisations, alertent quant aux possibles dérives du système. Ils craignent qu’elle facilite le travail au noir, et que la formation apportée aux candidats s’appauvrisse. Le relationnel est primordial dans l’apprentissage, et l’absence de centre physique rend la communication difficile. La start-up apparaît au moment de la mise en place de la réforme du permis. En juin 2014, Beauvau avait déclaré que les centres agréés seraient chargés de surveiller l’examen du Code de la route, afin de libérer les inspecteurs pour l’épreuve pratique. La seconde étape de la réforme consiste, justement, à moderniser les centres et à réduire les coûts du permis de conduire.

 

En novembre dernier, les syndicats étaient reçus à Beauvau. Ils ont alors réclamé la garantie du maintien de l’agrément, qui stipule qu’une auto-école doit avoir au moins deux salles : l’une consacrée aux inscriptions, l’autre à l’enseignement. Les différents représentants ont décidé de poursuivre Ornikar en justice. La société n’a pas été sanctionnée, mais les syndicats annonçaient, alors, vouloir faire appel de la décision.

 

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Les auto-écoles contre Ornikar : où en est la bataille ?

La start-up a été créée en janvier 2014, et ne bénéficie toujours pas de l’agrément nécessaire pour exercer. Elle a remporté neuf concours consacrés aux jeunes entreprises, et n’a toujours aucun client. Benjamin Gaignault et Alexandre Chartier attendent toujours l’autorisation de la Préfecture de Police de Paris, pour mener à bien leur concept. L’idée de fonder cette entreprise est venue d’un ras-le-bol, concernant le coût du permis de conduire.

 

Les deux compères proposent une heure de conduite à 34 euros, là où certaines auto-écoles pratiquent des tarifs allant au-delà des 40 euros. Leur première demande d’agrément a été rejetée en janvier, avec pour motif le fait que l’enseignant, choisi par les entrepreneurs, ne résidait pas dans la capitale. Une seconde tentative en mars échoue, et s’ensuit d’une assignation en justice par les syndicats représentant les auto-écoles. La bataille est donc au point mort. Tant qu’Ornikar n’obtient pas l’approbation des autorités compétentes, il leur est impossible d’enseigner la conduite. Mais cela devrait possiblement changer en 2015. La start-up a reçu le Grand Prix de l’Innovation de la Ville de Paris au début du mois de décembre. Une reconnaissance qui pourrait faire avancer les démarches, du moins c’est ce qu’espèrent les fondateurs. Ornikar affirme, par ailleurs, avoir 3700 clients qui attendent l’obtention de l’habilitation de la société pour débuter la formation au permis de conduire. Affaire à suivre…

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