Sécurité routière : faut-il limiter la circulation à 30 km/h en ville ?

Faut-il limiter à 30 km/h dans Paris ?

Le maire de Paris Anne Hidalgo souhaite étendre les zones de circulation à 30 km/h dans la ville. L’objectif de cette généralisation est d’apaiser et de sécuriser les rues, en limitant les nuisances sonores du trafic routier. De nombreuses communes en France et à l’étranger appliquent déjà cette mesure qui fait débat. Limiter la circulation à 30 km/h permettra-t-il de réduire les accidents de la route en ville ?

Les zones à 30 km/h généralisées à Paris d’ici 2020

C’est le désir du maire de Paris Anne Hidalgo. L’élue s’est engagée à développer les zones à 30 km/h d’ici l’année 2020. Seul 20 % du territoire parisien est aujourd’hui en zone 30. Le programme proposé multipliera les limitations de vitesse dans l’hyper-centre (1er, 2e, 3e et 4e arrondissements) et complétera les actuels axes limités à 30 km/h en étendant les périmètres dans les 8e, 11e, 12e, 13e, 17e et 20e arrondissements.

Cette mesure permettra de limiter les nuisances sonores causées par le trafic routier, mais sécurisera surtout les rues. D’après l’association Prévention Routière, un piéton a 95 % de chances de survivre à un choc avec un véhicule lancé à 30 km/h. Le taux passe à 53 % lorsque la voiture circule à 50 km/h, et à seulement 20 % lorsqu’elle roule à 60 km/h.

 

Limitation à 30 km/h dans Paris

Multiplication des zones à 30 km/h : une mesure qui fait débat

De nombreuses villes en France et à l’étranger appliquent déjà cette mesure. À Lorient, les zones à 30 km/h concernent 95 % du réseau routier. Depuis la mise en place de cette limitation, le nombre d’accidents a été divisé par deux. Pourtant malgré son efficience dans la ville, la mesure est loin d’être comprise par les particuliers. France 2 a questionné les automobilistes à ce sujet. Le verdict est sans appel, un motard interrogé affirme : « À 50, déjà, on se traine alors s’il faut être à 30, ce n’est pas la peine. Ça fait plus de pollution puisqu’on roule au ralenti ». L’efficacité de cette réduction de vitesse en ville est aussi remise en cause par certains experts. Ainsi Pierre Chasseray de 40 millions d’automobilistes précisait dans le même reportage : « On sait très bien que dans toutes les villes où l’on a généralisé le 30km/h, la variation des vitesses constatées n’a pas bougé. […] Le comportement des gens reste le même. Si l’on veut faire en sorte qu’une vitesse soit respectée, il faut configurer la route en conséquence. » Réduire la vitesse de circulation pour limiter le nombre d’accidents de la route, oui, mais à condition que les équipements s’adaptent. Si la vitesse change, il faut aussi faire évoluer les comportements, et pousser les automobilistes au respect des limitations de vitesse.

 

D’autres semblent plus favorables à la mesure. Un automobiliste interrogé par les journalistes de France 2 estimait ainsi que les zones 30 « peu (vent) être intéressant (es) au niveau de la sécurité, et au niveau de la pollution ». Si la généralisation des 30 km/h ne fait pas l’unanimité, Anne Hidalgo entend bien l’appliquer à Paris d’ici 2020.

 

La multiplication des zones à 30 km/h a déjà prouvé son efficacité dans la réduction des accidents à Lorient. L’association Prévention Routière rappelle que rouler à petite vitesse pourrait sauver la vie d’un piéton en cas de choc. Circuler vite permet par ailleurs de ne gagner que quelques minutes seulement. Lorsqu’un automobiliste conduit à une vitesse de 150 km/h au lieu de 130 sur 100 kms, il économise 6 minutes de son temps… En tenant compte de ce principe, est-il nécessaire de rouler vite alors que réduire la vitesse limite les risques d’accidents mortels ?

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