L’allumage des feux de croisement le jour : tour d’horizon au sein de l’UE

Depuis le 31 octobre 2004, l’usage des feux de croisement, qui était jusqu’ici limité à la nuit, est recommandé en pleine journée en France. Cette mesure est destinée à voir, et à mieux être vu sur la route, pour accroître la sécurité de tous.

Dans le paysage européen, l’allumage des feux de croisement le jour est obligatoire depuis de nombreuses années : le pionnier en la matière fut la Suède, en 1977, mais on peut ajouter désormais l’Autriche, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, la Pologne, la République tchèque et la Slovénie. Le Portugal, très réticent, n’applique cette mesure que sur une seule route, l’IP5, surnommée « la roue de la mort ».

En ce qui concerne les pays nordiques, cette obligation ne pose pas de problèmes puisque 50 % des usagers y ont recours naturellement. Les conditions climatiques et la luminosité spécifique de ces pays apportent des éléments d’explication à cette tendance. Il apparaît au vu de leurs retours d’expériences que le bilan de l’allumage des feux de croisement, le jour, est assez mitigé : l’impact sur l’accidentologie serait faible et il y aurait même un effet négatif sur les piétons, les deux roues motorisés et cyclistes.

Présentée comme la solution à beaucoup de maux, 52 % des Français se disaient, à l’époque, favorables à l’allumage des feux de croisement, mais 30 % d’entre eux reconnaissaient ne jamais les allumer. Annoncée comme une habitude à prendre, la recommandation a été bien suivie en décembre 2004 (62,5 % au nord du pays, 28,5 % au sud) mais déjà beaucoup moins le mois suivant (48,6 % au nord et 6,5 % au sud). Qu’en est-il aujourd’hui ?

Par ailleurs, nous pouvons constater que parmi les pays européens qui suivent cette règle depuis plusieurs années, peu d’entre eux l’ont transformé en véritable règlementation. De plus, la majorité d’entre eux dresse aujourd’hui un constat, reconnu et avéré négatif, quant à la surconsommation d’essence et donc l’augmentation d’émissions de CO2.

Au-delà du mécontentement des Verts, ce nouvel usage n’est toujours pas apprécié des deux roues, qui avaient l’habitude de les allumer systématiquement pour être mieux vus des automobilistes. Avec cette recommandation, ils seront de nouveau intégrés dans le paysage, sans aucun autre moyen de se démarquer des véhicules ordinaires.

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