L’autoroute de la nation

Inaugurée le 31 mai 2009, l’autoroute de la nation comme le disent les Albanais part du port de Durrës, sur la côte de la mer Adriatique, passe par Tirana, la capitale de l’Albanie et se poursuit jusqu’à la frontière avec le Kosovo. A terme, elle ira jusqu’à Pristina, la capitale kosovare et peut-être même jusqu’à Merdare, à la frontière avec la Serbie.

A l’origine, les albanais d’Albanie et ceux du Kosovo étaient frères. Mais cette région, blessée par les guerres, a connu cinquante années d’isolement où les frontières entre ces deux pays étaient fermées. A l’inauguration, le premier ministre albanais Sali Berisha déclarait la nation albanaise est enfin réunifiée et plus rien ne viendra la séparer.

Pour le Kosovo, l’affaire est plus complexe. Ex-province de Serbie, composée de 95% d’albanophones, il lutte pour faire reconnaitre son indépendance depuis sa proclamation le 17 février 2008. Cette autoroute de la nation est une porte de sortie pour se libérer du giron serbe mais il ne s’agit pas non plus de devenir une annexe de l’Albanie… Même si officiellement, elle vise à développer les relations économiques des deux pays (retombées touristiques, modernisation des infrastructures…), elle cache également des objectifs politiques et géostratégiques : certains dirigeants y voient la possibilité de revenir à la grande Albanie.

Mais cette autoroute de la nation est loin d’être terminée : inaugurée avant la fin, elle a tout de suite été fermée pour des irrégularités dans la réalisation des travaux. Aujourd’hui, de nombreux scandales l’entourent : corruption, irrégularités dans la procédure d’appel d’offres, etc. L’ancien ministre des Transport Lulzim Bash, figure importante du projet, fait aujourd’hui l’objet d’une enquête…

L’enjeu de l’autoroute de la nation est tel qu’il faudra peut-être attendre la fin de sa construction pour en observer toutes les retombées.

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