Bison futé

Qui n’a jamais consulté les sages conseils du Centre National d’Information Routière (CNIR) à Rosny-sous-bois alias Bison Futé ? Aucun endroit n’est mieux informé que ce petit service public pour prendre la température de la route avant tous départs.

Créé en 1977, le rôle de Bison Futé est d’avertir l’automobiliste des difficultés qu’il rencontrera sur la route comme par exemple, lors des fameux chassés-croisés entre les juillettistes et les aoutiens. C’est à cause – ou grâce – au 2 aout 1976 que le service est né : la France avait alors connu un terrible embouteillage de 600km de bouchons sur la seule nationale 10 Il n’y avait pas beaucoup de grands axes, et beaucoup moins  de  voitures  à  l’époque,  mais  c’était  plus  spectaculaire explique Patrick Benoit, chef de division au CNIR.

Désormais, Bison Futé centralise les données et les transmet au grand public via les médias. Il utilise son fameux code couleur, aujourd’hui bien assimilé par les utilisateurs : le noir traduit plus de 600 km de bouchons cumulés, le rouge entre 250 et 600, le orange entre 150 et 200 et le vert permet de partir sans risque d’encombrements.

A l’origine, une vingtaine d’opérateurs répondaient au téléphone aux automobilistes ; aujourd’hui, ils sont généralement quatre voire neuf lors des week end noir. Ils peuvent observer les bouchons se former quasiment en temps réel. En effet, sur une trentaine de points stratégiques choisis, ils savent le nombre de voitures qui passent sur un créneau de 6 minutes grâce à une boucle de comptage automatique incrustée dans le sol des routes. Il faut ensuite savoir que les routes ont une capacité d’encombrements estimée à 1500 véhicules par heure et par voie. Au-delà, les voitures roulent plus lentement et l’embouteillage se forme lorsque la vitesse moyenne est en dessous de 50 km/h. Enfin, à la fin du bouchon, la circulation est encore en accordéon pendant quelques kilomètres car les gens conduisent par à-coups et se collent au lieu de privilégier un rythme lent et régulier.

Chaque année, les employés de Bison Futé observent le piège des chassés-croisés d’été. Malgré leur prévision alarmante, les départs s’initient en fonction du travail et de l’école mais également en fonction des réservations qui vont du samedi au samedi, ce qui ne permet pas de désamplifier le phénomène.

Il faut donc rester à l’écoute de Bison Futé : prendre des voies secondaires ou prendre son mal en patience à l’annonce d’un bouchon !

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