Charte du bon conducteur : quand la police est invitée à… respecter la loi !

Avec sa note de service aux policiers de l’Essonne, destinée à rappeler les principes essentiels du code de la route, Jean-Claude Borel-Garin, directeur départemental de la sécurité publique en Ile-de-France, provoque des remous au bas de la hiérarchie…

Voiture de Police

Précisons-le tout de suite, toute l’affaire a commencé par une constatation d’ordre économique : chaque année, les frais de réparation de véhicules de police en Essonne se chiffrent en effet à 529 000 euros, soit l’équivalent de 29 véhicules neufs. Fort logiquement, donc, Jean-Claude Borel-Garin, enjoint aux policiers du département de revenir à des règles de conduite plus raisonnables, et leur demande, à titre d’engagement, de signer une « Charte du bon conducteur ». Jusque-là, le sujet ne semble guère propice aux polémiques. Et pourtant…

Pour Synergie, 2e syndicat d’officiers en France, la Charte est « infantilisante » et « dégradante ». Les dirigeants – sans doute tout particulièrement inspirés par la prochaine élection des représentant de la police – vont même jusqu’à déclarer : « On n’a pas attendu la venue d’un messie à la tête du département pour nous délivrer les dix commandements du code de la route. » !

A l’opposé de cet prose syndicalo-policière virulente, le SCPN, syndicat majoritaire, soutient au contraire la proposition de Jean-Claude Borel-Garin, estimant qu’il s’agit d’une charte « destinée à mettre en valeur l’image de la police nationale ».

Les polémiques vont donc bon train, tandis que le ministère de l’Intérieur garde désormais le silence sur cette affaire. Après consultation (http://www.rue89.com/files/2009_08_27_charte_conduite_police.pdf), le texte incriminé n’est en réalité qu’une suite de recommandations de pur bon sens, comme en attestent le 1er énoncé (« Je ne conduis un véhicule que si je dispose d’un permis valide, dans le cas contraire, j’en avise ma hiérarchie ») ou le 3e (« La consommation d’alcool et de produits stupéfiants est totalement incompatible avec la conduite et l’exercice de mes missions. »).

En conclusion, cette Charte du bon Conducteur est porteuse de deux nouvelles, l’une mauvaise et l’autre bonne. Car si l’on peut s’inquiéter que de tels préceptes soient importants à rappeler aux forces de l’ordre de l’Essonne, on peut aussi trouver matière à se réjouir : avec l’ultra-sensibilité dont ils ont fait preuve dans cette affaire, il est certain que les policiers du 91 doivent également savoir montrer tact et délicatesse dans l’exercice de leurs fonctions !

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