Mis à jour le 15 octobre 2026
Passer le code en candidat libre est parfaitement légal, et depuis que l'examen se passe à La Poste ou dans des centres privés, c'est même devenu assez banal. Vous demandez votre numéro de dossier, vous révisez de votre côté, vous réservez une place, et le jour de l'épreuve personne ne vous demandera par où vous êtes passé.
Le plus déroutant se cache en fait au tout début, dans un petit bloc de cases à cocher du formulaire de l'ANTS, au milieu duquel trône une phrase que tout le monde relit trois fois avant de cliquer, « le candidat déclare être en instance d'examen dans le même ou dans un autre département ». J'y réponds plus bas, avec les autres cases du même genre, avant de passer aux règles d'inscription qui ont changé cet été.
Le code en candidat libre, pour qui ?
Sur le papier, pour tout le monde. Vous pouvez passer l'examen dès 16 ans, ou dès 15 ans si vous suivez la conduite accompagnée, et l'épreuve est exactement la même que pour un élève d'école de conduite. Vous répondez à 40 questions, et il faut au moins 35 bonnes réponses pour être reçu.
Dans la pratique, c'est un peu différent. En 2024, plus de 2,2 millions de candidats se sont présentés à l'examen d'après une réponse du ministère de l'Intérieur aux députés, et le taux de réussite tourne autour de 50 % depuis deux ans selon les bilans de la Sécurité routière. Autrement dit, un candidat sur deux échoue, et le code demande une vraie préparation, avec ou sans école.
Ce que ça demande vraiment
Surtout de la régularité, parce que personne ne vous relancera. Si vous êtes du genre à repousser vos séries d'entraînement à « lundi prochain » (on l'a tous fait un jour), mieux vaut le savoir avant de vous lancer.
En échange, vous économisez plusieurs centaines d'euros et vous choisissez vos dates. Obtenir le code sans école ne vous engage d'ailleurs à rien pour la suite, puisque vous pourrez préparer la conduite dans une école ou passer aussi le permis en candidat libre.
Demander son numéro NEPH sur le site de l'ANTS
Tout part du NEPH, le numéro d'enregistrement préfectoral harmonisé. Ce numéro à douze chiffres vous suivra du code jusqu'au permis, et sans lui, aucun centre ne vous laissera réserver une place.
La demande se fait gratuitement sur le site permis de conduire de France Titres. France Titres est le nouveau nom de l'ANTS depuis 2024, mais le site a gardé son adresse et à peu près tout le monde continue de dire « l'ANTS », moi le premier. Une fois connecté, choisissez la démarche d'inscription aux épreuves du permis, en catégorie B.
Les justificatifs à préparer
Scannez tout avant de commencer, car un seul document manquant peut faire refuser le dossier, et il faut alors tout reprendre depuis le début.
- Une pièce d'identité en cours de validité.
- Un justificatif de domicile de moins de 6 mois.
- Une photo d'identité, de préférence la version numérique avec signature, prise chez un photographe ou dans une cabine habilités par l'ANTS (c'est la solution la plus rapide).
- Si vous avez moins de 21 ans, votre ASSR 2 ou votre ASR, ou une déclaration sur l'honneur si vous l'avez perdue.
- Si vous êtes français et que vous avez entre 17 et 25 ans, votre certificat de participation à la JDC ou une attestation d'exemption.
- Si vous êtes étranger, un justificatif de séjour régulier, ou la preuve que vous vivez en France depuis au moins six mois si vous êtes dispensé de titre de séjour.
- Pour un mineur, la pièce d'identité d'un parent ou du représentant légal.
La liste officielle, avec tous les cas particuliers, est sur Service Public.
Il n'existe aucun délai officiel, et l'attente varie selon les départements, jusqu'à plus d'un mois pour certains candidats. Le numéro figure sur votre attestation d'inscription au permis, que vous téléchargez dans votre espace dès que la demande est validée, et que je vous conseille de garder précieusement. Sachez aussi que si plus de cinq ans s'écoulent entre l'inscription et le passage du code, le numéro peut ne plus fonctionner, et qu'il faudra alors demander sa réactivation (tout est expliqué dans notre guide du numéro NEPH).
Que répondre à « en instance d'examen » sur le formulaire ?
Au milieu de la demande, le site vous fait cocher une série de déclarations sur l'honneur. Elles reprennent presque mot pour mot l'ancien formulaire papier, le cerfa 02, utilisé avant le passage au tout numérique fin 2017, et franchement, la formulation n'aide personne. La preuve, c'est cette question qui amène le plus de visiteurs sur cette page, et de loin.
Être en instance d'examen, ça veut dire quoi ?
Dans le jargon administratif, « en instance » veut simplement dire « en attente ». Être en instance d'examen, c'est donc avoir déjà un dossier de permis ouvert, avec des épreuves pas encore passées ou pas encore réussies.
La question tient en deux lignes. La première, « dans le même ou dans un autre département », vous demande si vous avez déjà une inscription au permis en cours quelque part en France. La seconde, « pour la même ou une autre catégorie », cherche à savoir si vous êtes déjà candidat à un autre permis, la moto par exemple, sans avoir terminé vos examens.
Pour une toute première inscription, la réponse est non aux deux lignes, et c'est le cas de l'immense majorité des candidats libres. Le oui concerne des situations plus rares, comme celle d'une personne déjà inscrite au permis moto, qui ne l'a pas encore obtenu et qui ajoute maintenant la voiture.
Vous avez coché oui par erreur ? Ce n'est pas grave. Un candidat dans votre situation a posé la question à France Titres, qui lui a confirmé que « l'attestation d'inscription au permis de conduire est valable » malgré tout. Il suffit de prévenir l'inspecteur le jour de l'examen de conduite, et il corrige l'information à partir de votre livret d'apprentissage.
Les autres cases du formulaire
Les autres déclarations posent moins de problèmes, même si deux ou trois méritent une explication.
« Comprendre et lire couramment le français » est une simple question de fait. Si vous maîtrisez mal la langue, répondez non sans hésiter, car des règles particulières existent justement pour ce cas, comme pour les candidats sourds, malentendants ou dys.
« Devoir conduire un véhicule aménagé » concerne les personnes en situation de handicap qui ont besoin d'une voiture adaptée. Un médecin agréé par la préfecture évalue alors leur aptitude à conduire et les aménagements nécessaires. Si vous n'êtes pas concerné, c'est non.
Pour la conduite accompagnée ou supervisée, ne répondez oui que si vous comptez vraiment suivre l'une de ces formules, qui passent toutes deux par une école de conduite.
Deux cases enfin portent sur la santé. Si vous portez des lunettes ou des lentilles pour conduire, cochez oui, et une simple mention s'ajoutera au verso du permis. Si vous avez une affection ou un handicap susceptible de gêner la conduite, vous devrez d'abord passer chez un médecin agréé, dont l'avis (formulaire cerfa 14880) se joint à la demande. Dans tous les cas, répondez honnêtement, puisque vous signez une déclaration sur l'honneur.
Réviser, réserver, passer l'examen
Côté révisions, les cours seuls ne suffisent pas. Ce qui fait vraiment progresser, ce sont les séries complètes de 40 questions faites dans les conditions de l'examen, puis le temps passé à comprendre chaque erreur, plutôt que d'enchaîner aussitôt une nouvelle série. Vous pouvez commencer par un examen blanc gratuit de 40 questions sur Codeclic, corrigé et conforme au programme officiel.
Un bon repère consiste à ne réserver qu'une fois que vous obtenez régulièrement 37 ou 38 sur 40 à l'entraînement. Si vous plafonnez à 35, un peu de stress le jour J suffit pour faire la faute de trop.
Réserver sa place depuis le 1er juillet 2026
Vous réservez ensuite votre place chez l'un des cinq opérateurs agréés par l'État, à savoir La Poste, SGS (ObjectifCode), Dekra, Pearson Vue (Pointcode) et Bureau Veritas (Code'nGo). Le paiement se fait en ligne, avant de valider l'inscription. Les démarches sont détaillées sur notre page consacrée à l'inscription à l'examen du code, et sur celle qui explique comment passer le code avec La Poste.
Une règle importante a changé cet été. Depuis le 1er juillet 2026, l'arrêté du 16 avril 2026 interdit l'inscription le jour même et impose de réserver au plus tard la veille de la session. L'objectif est de laisser le temps de contrôler les centres, dans un contexte de fraude qui a déjà conduit à la fermeture de 83 centres d'examen en 2024.
Concrètement, après un échec, comptez au moins 48 heures avant de pouvoir repasser l'épreuve, le temps de recevoir le résultat (sous 24 heures en général) puis de vous réinscrire pour une session du lendemain au plus tôt. J'ai détaillé cette réforme sur le blog au moment de sa publication, si vous voulez aller plus loin.
Le jour de l'examen
Le centre vous envoie une convocation, à présenter le jour J avec une pièce d'identité valide. L'épreuve dure une trentaine de minutes, avec 40 questions illustrées de photos et de vidéos, et vous avez droit à cinq erreurs au maximum.
Attention à un piège classique, celui des questions à plusieurs bonnes réponses. Le bandeau en haut de l'écran indique combien de réponses sont attendues, mais on le lit trop vite quand on stresse, alors prenez l'habitude de le regarder à chaque question pendant vos entraînements.
Le résultat du code arrive par mail, en général dans les 24 heures, et s'il est favorable, votre code reste valable cinq ans.
Combien coûte le code en candidat libre ?
C'est souvent l'argument qui décide. L'examen coûte 30 euros dans tous les centres, un tarif fixé par l'État qui n'a pas bougé depuis 2016, et il faut y ajouter le prix de vos révisions. Certaines ressources sont gratuites, la plupart des applications payantes restent sous les 40 euros, et l'accès complet à Codeclic coûte 17 euros.
| Poste | En candidat libre | En école de conduite |
|---|---|---|
| Numéro NEPH | Gratuit, demandé par vous | Demandé par l'école |
| Révisions | De 0 à 40 € (17 € sur Codeclic) | Forfait code, souvent de 250 à 400 € |
| Examen | 30 € par passage | 30 € par passage, parfois inclus au premier |
| Total | De 30 à 70 € environ | De 250 à 430 € environ |
En école de conduite, le forfait code coûte plutôt entre 250 et 400 euros. Vous économisez donc plusieurs centaines d'euros, à condition de réviser sérieusement de votre côté.
Et en cas d'échec ?
Chaque nouvelle tentative coûte de nouveau 30 euros, pour tout le monde. Un échec vous coûte donc 30 euros et au moins deux jours, ce qui est une assez bonne raison de ne pas réserver avant d'être vraiment prêt.
Questions fréquentes
Que répondre à « le candidat déclare être en instance d'examen dans le même ou dans un autre département » ?
Non, s'il s'agit de votre première inscription au permis. Le oui est réservé aux candidats qui ont déjà un dossier en cours, avec des examens pas encore terminés.
Que veut dire « le candidat déclare devoir conduire un véhicule aménagé » ?
Que vous avez besoin d'un véhicule adapté à un handicap pour conduire. Si ce n'est pas votre cas, répondez non.
À quel âge passer le code en candidat libre ?
Dès 16 ans en formule classique, et dès 15 ans si vous suivez la conduite accompagnée.
Combien coûte le code en candidat libre ?
Entre 30 et 70 euros environ, examen compris. Avec Codeclic, le total revient à 47 euros.
Le code reste valable combien de temps ?
Cinq ans après la réussite, ce qui laisse le temps de passer l'examen de conduite.
On peut encore s'inscrire à l'examen le jour même ?
Non. Depuis le 1er juillet 2026, il faut réserver au plus tard la veille de la session.