Deux attestations rythment la scolarité au collège et conditionnent l'accès au permis de conduire pour les jeunes. L'ASSR1 et l'ASSR2 marquent les étapes obligatoires de l'éducation à la sécurité routière en France.

Définition des ASSR

Les sigles ASSR1 et ASSR2 désignent les Attestations Scolaires de Sécurité Routière de premier et deuxième niveau. Ces certifications françaises sanctionnent l'acquisition de connaissances en sécurité routière. Elles s'inscrivent dans un continuum éducatif qui débute à l'école primaire et se poursuit au collège.

Ces attestations font partie de l'enseignement obligatoire dispensé à tous les collégiens. Chaque élève scolarisé en France, quel que soit son établissement, doit passer ces épreuves aux âges correspondants. Cette obligation vise à former des usagers responsables de la route, qu'ils soient piétons, cyclistes, passagers ou futurs conducteurs.

Instituées en 1977 et réformées en 1993, les ASSR constituent aujourd'hui un élément essentiel de l'insertion sociale des jeunes. Sans elles, impossible de conduire un cyclomoteur à 14 ans ou de passer son permis de conduire avant 21 ans. Leur importance dépasse largement le cadre scolaire pour toucher directement l'autonomie et la mobilité des adolescents.

L'ASSR1 : première étape en 5ème

L'ASSR1 se passe normalement en classe de 5ème. Tous les élèves atteignant 14 ans au cours de l'année civile doivent la passer, quelle que soit leur classe. Cette condition d'âge s'avère cruciale car 14 ans marque le seuil légal pour conduire un cyclomoteur en France.

Les élèves ayant échoué ou ceux qui souhaitent anticiper pour préparer le BSR peuvent également se présenter à l'ASSR1. Aucune obligation de réussite préalable ne conditionne le passage de l'épreuve. Même un élève l'ayant ratée plusieurs fois peut se représenter jusqu'à l'obtention de l'attestation.

À quoi sert l'ASSR1

Cette première attestation valide la partie théorique du BSR (Brevet de Sécurité Routière), aujourd'hui appelé catégorie AM du permis de conduire. Le BSR autorise la conduite d'un cyclomoteur de 50 cm³ maximum ou d'un quadricycle léger à moteur dès 14 ans. Sans l'ASSR1 ou l'ASSR2, impossible d'accéder à la formation pratique de 8 heures obligatoire dispensée par les auto-écoles.

Toute personne née en 1988 ou après doit posséder le BSR pour conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger. L'ASSR1 constitue donc le premier sésame vers cette mobilité précoce. Les parents qui souhaitent que leur enfant puisse se déplacer en scooter à 14 ans doivent s'assurer de l'obtention de cette attestation.

L'ASSR2 : deuxième niveau en 3ème

L'ASSR2 se déroule en classe de 3ème. Comme pour l'ASSR1, tous les élèves atteignant 16 ans dans l'année passent cette épreuve, quelle que soit leur classe. Les élèves de plus de 16 ans encore scolarisés et n'ayant pas obtenu l'ASSR2 peuvent également la passer.

Contrairement à une idée reçue, l'ASSR1 n'est pas obligatoire pour se présenter à l'ASSR2. Un élève peut directement passer l'ASSR2 en classe de 3ème même s'il n'a jamais obtenu l'ASSR1. Cette souplesse évite de bloquer le parcours des jeunes ayant connu des difficultés ou une scolarité atypique.

À quoi sert l'ASSR2

L'ASSR2 remplit deux fonctions majeures. Elle valide également la partie théorique du BSR au même titre que l'ASSR1. Un jeune possédant uniquement l'ASSR2 peut donc accéder à la formation pratique du BSR pour conduire un cyclomoteur.

Son rôle principal concerne l'obtention du permis de conduire. L'ASSR2 est obligatoire pour la délivrance du premier titre de conduite (permis A, A1, A2, B ou B1) si vous avez moins de 21 ans. Cette obligation s'applique au moment de la délivrance du permis après réussite des épreuves pratiques, pas au moment de l'inscription en auto-école.

Au-delà de 21 ans, l'ASSR2 n'est plus exigée pour obtenir son permis. Le décret n°2018-795 du 17 septembre 2018 a supprimé cette obligation pour les candidats plus âgés. Un adulte de 25, 30 ou 40 ans peut passer son permis B sans avoir jamais passé l'ASSR2.

Format et déroulement des épreuves

Les deux attestations suivent un format identique. L'épreuve comporte 20 questions à choix multiples. Chaque question s'appuie sur une séquence vidéo de quelques secondes montrant une situation routière réelle. Le candidat visionne l'extrait puis répond à la question posée. Une seule réponse est correcte parmi les propositions.

Les thèmes abordés couvrent l'ensemble de la sécurité routière. La circulation, les règles de priorité, le comportement des passagers, la vitesse, le comportement citoyen, les premiers secours, la santé et les conduites à risque. Ces sujets préparent progressivement les collégiens au futur examen du code de la route.

Pour réussir l'ASSR1 ou l'ASSR2, l'élève doit obtenir au moins 10 bonnes réponses sur 20. Ce seuil de 50% permet de valider l'acquisition des connaissances essentielles sans exiger la perfection. Un élève peut consulter son résultat à partir de 18h le jour même en se connectant sur la plateforme nationale des attestations de sécurité routière.

Où et quand passer les ASSR

Les épreuves se déroulent au collège pendant le temps scolaire. Aucun déplacement hors de l'établissement n'est nécessaire. Les sessions s'organisent entre le début du 2ème trimestre et la fin de l'année scolaire, généralement de janvier à juin. Certains établissements proposent des sessions jusqu'en novembre pour des cas particuliers.

L'établissement où l'élève est scolarisé s'occupe de l'inscription. Les collégiens n'ont aucune démarche administrative à effectuer. Le planning des épreuves leur est communiqué par l'équipe éducative. Les épreuves sont entièrement gratuites. Aucun frais n'est demandé aux familles.

Les élèves utilisent une plateforme numérique accessible depuis un ordinateur ou une tablette. Chaque établissement reçoit des identifiants d'accès pour ses élèves. Le format digital permet une correction immédiate et automatique des réponses. Plus besoin d'attendre des jours ou des semaines pour connaître son résultat.

Cas particuliers

Les élèves scolarisés dans des établissements privés hors contrat, au CNED, les enfants du voyage et ceux suivant une instruction en famille doivent également passer les ASSR. Ils s'adressent au directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) de leur département. Celui-ci désigne un établissement organisateur où ces candidats passeront les épreuves.

Les élèves en situation de handicap visuel passent une épreuve adaptée appelée AER (Attestation d'Éducation à la Route). Cette certification tient compte des spécificités de leur handicap tout en validant les mêmes compétences en sécurité routière. L'égalité d'accès à la mobilité concerne tous les jeunes.

En cas d'échec

Un élève qui obtient moins de 10 sur 20 échoue à son ASSR. Cette situation n'est pas dramatique. Il peut se présenter à une épreuve de rattrapage organisée durant la même année scolaire dans son établissement. Cette session de rattrapage offre une seconde chance immédiate.

Si l'échec persiste, l'élève peut repasser l'épreuve l'année suivante. Aucune limitation du nombre de tentatives n'existe. Un collégien peut se présenter autant de fois que nécessaire jusqu'à l'obtention de son attestation. Cette persévérance reste encouragée car l'ASSR conditionne l'accès au BSR et au permis.

Les jeunes n'ayant pas obtenu leur ASSR2 en milieu scolaire disposent d'une solution alternative. Ils peuvent passer l'ASR (Attestation de Sécurité Routière) dans un GRETA pour les personnes de plus de 16 ans non scolarisées ou dans un centre de formation d'apprentis pour les apprentis. L'ASR remplace l'ASSR2 et donne les mêmes droits.

Préparation aux épreuves

Les collèges intègrent l'éducation à la sécurité routière dans leurs programmes. Les professeurs abordent ces thèmes dans différentes matières. Sciences et vie de la Terre, éducation physique et sportive, histoire-géographie, les occasions d'évoquer la sécurité routière sont nombreuses. Cette approche transversale ancre durablement les connaissances.

Les élèves peuvent également se préparer en autonomie sur la plateforme nationale des attestations de sécurité routière. Ce site grand public propose des sessions d'entraînement gratuites. Les questions types, les vidéos d'exemple, tout est accessible librement. Cette ressource permet aux collégiens de réviser chez eux et de tester leur niveau avant l'examen officiel.

Certains établissements organisent des sessions de préparation collectives dans le cadre du CESC (Comité d'Éducation à la Santé et à la Citoyenneté). Ces temps dédiés permettent aux élèves de poser des questions, de clarifier des points incompris, de s'entraîner ensemble. L'émulation du groupe facilite l'apprentissage.

Délivrance des attestations

En cas de réussite, l'établissement délivre le diplôme officiel de l'ASSR1 ou de l'ASSR2 selon le cas. Ce document papier mentionne le nom et prénom de l'élève, la date de l'épreuve et l'établissement organisateur. Un tampon officiel et une signature authentifient l'attestation.

Conservez précieusement ces documents. Vous en aurez besoin pour vous inscrire au BSR, pour obtenir votre NEPH ou pour constituer votre dossier de permis de conduire. Les ASSR n'ont aucune date de péremption. Une attestation obtenue en 2010 reste valable indéfiniment.

En cas de perte ou de vol, adressez une demande écrite à l'établissement où vous avez passé l'examen. Précisez vos nom et prénom, l'année de session et joignez une attestation de perte ou de vol. L'établissement délivrera un duplicata ou une attestation de réussite. Cette procédure fonctionne même plusieurs années après l'obtention initiale.

Questions fréquentes

Doit-on avoir l'ASSR1 pour passer l'ASSR2 ?
Non, l'ASSR1 n'est pas obligatoire pour se présenter à l'ASSR2. Un élève peut directement passer l'ASSR2 en 3ème même sans avoir obtenu l'ASSR1.

Combien coûtent les épreuves des ASSR ?
Elles sont entièrement gratuites. Aucun frais n'est demandé aux familles. Les collèges organisent ces épreuves pendant le temps scolaire.

Que faire si on rate son ASSR ?
Une session de rattrapage est organisée dans l'année. En cas de nouvel échec, l'élève peut repasser l'épreuve l'année suivante autant de fois que nécessaire.

L'ASSR2 est-elle obligatoire après 21 ans ?
Non, depuis 2018, l'ASSR2 n'est plus exigée pour obtenir un permis de conduire si vous avez 21 ans ou plus au moment de la délivrance du titre.

Que faire si on n'est plus scolarisé et qu'on n'a pas l'ASSR2 ?
Vous pouvez passer l'ASR (Attestation de Sécurité Routière) dans un GRETA ou un CFA. L'ASR remplace l'ASSR2 et donne les mêmes droits.

Les ASSR autorisent-elles à conduire ?
Non, elles valident uniquement la partie théorique. Pour conduire un cyclomoteur, vous devez ensuite suivre une formation pratique de 8 heures en auto-école.

Peut-on avoir l'ASSR2 en 5ème si on a 16 ans ?
Oui, l'ASSR2 s'organise pour tout élève atteignant 16 ans dans l'année civile, quelle que soit sa classe.

Comment se préparer aux ASSR ?
La plateforme nationale des attestations de sécurité routière propose des entraînements gratuits. Les professeurs abordent aussi ces thèmes en cours.

Lien avec le permis de conduire

L'ASSR2 représente la première brique du parcours vers le permis de conduire. Elle valide que vous avez acquis les bases théoriques de la sécurité routière dès le collège. Cette connaissance précoce facilite ensuite l'apprentissage du code de la route.

Les questions de l'ASSR2 abordent des thèmes similaires à ceux de l'examen du code. Signalisation, priorités, distances de sécurité, comportement responsable. Un élève qui a réussi son ASSR2 possède déjà une partie des connaissances nécessaires pour le code. Cette continuité pédagogique réduit l'effort d'apprentissage ultérieur.

Lorsque vous créez votre dossier de permis de conduire sur le site de l'ANTS, l'administration vérifie que vous possédez bien votre ASSR2 si vous avez moins de 21 ans. Sans cette attestation, votre dossier reste incomplet. Certains candidats découvrent trop tard qu'ils ont perdu leur attestation obtenue plusieurs années auparavant. Mieux vaut anticiper cette vérification.

Importance de ces attestations

Les ASSR participent à la construction d'une culture de la sécurité routière dès l'adolescence. En formant les jeunes aux risques de la route avant même qu'ils ne conduisent, l'éducation nationale contribue à réduire l'accidentalité des futurs conducteurs. Cette sensibilisation précoce forge des comportements responsables qui perdureront toute la vie.

Les accidents de la route restent la première cause de mortalité chez les 18-25 ans en France. Former les collégiens aujourd'hui, c'est protéger les jeunes adultes de demain. Les ASSR s'inscrivent dans cette logique de prévention à long terme. Chaque élève sensibilisé représente un usager potentiellement plus prudent.

Au-delà des obligations réglementaires, ces attestations transmettent des valeurs citoyennes. Le respect des autres usagers, la conscience du danger, la responsabilité individuelle face au collectif. Ces principes dépassent le simple cadre routier pour toucher au vivre-ensemble. Un bon conducteur est d'abord un citoyen attentif aux autres.

Consulter le site du ministère de l'Éducation nationale permet d'accéder à des ressources complémentaires sur l'éducation à la sécurité routière en milieu scolaire. Ces informations officielles accompagnent les élèves et leurs familles dans ce parcours obligatoire.

L'ASSR1 et l'ASSR2 constituent des étapes obligatoires mais accessibles du parcours scolaire. Ces attestations ouvrent la porte à la mobilité des jeunes tout en les formant aux enjeux de la sécurité routière.