Mis à jour le 16 octobre 2026

3 515. C'est le nombre de personnes mortes sur les routes de France en 2025, territoires ultramarins compris. Presque dix par jour. Le chiffre remonte de 2,4% par rapport à 2024, et il revient au niveau de 2019, comme si six années d'efforts s'étaient évaporées.

Derrière ce total, il y a des profils, des routes et des causes qui reviennent année après année. J'ai épluché le bilan définitif de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, l'ONISR, pour en garder ce qui compte. Qui meurt sur la route, où, quand et pourquoi, puis ce que montrent les premiers mois de 2026.

Le bilan 2025 en quelques chiffres

Morts et blessés

En France métropolitaine, 3 263 personnes ont perdu la vie en 2025, soit 70 de plus qu'en 2024. Les territoires ultramarins en comptent 252 de plus. Selon le bilan 2025 de l'ONISR, environ 247 000 personnes ont aussi été blessées en métropole, dont près de 17 000 gravement.

Un chiffre me frappe plus que les autres. Un an après leur accident, environ 22 300 blessés gardent des séquelles. On parle peu de ces vies abîmées, parce qu'elles n'apparaissent pas dans le décompte des morts.

Une année au niveau de 2019

Rapporté à la population, le risque atteint 49 tués par million d'habitants en métropole. La hausse paraît modeste, mais elle casse la tendance. Sur l'ensemble du pays, la mortalité 2025 dépasse même de 0,5% celle de 2019, l'année que l'ONISR prend comme référence.

Qui sont les victimes

Selon le mode de déplacement

UsagersTués en 2025Évolution sur un an
Occupants de voiture1 543+25
Motards et cyclomotoristes69723 de moins
Piétons503+47
Cyclistes235+11
Occupants de véhicules utilitaires109non précisée
Trottinettes et autres engins motorisés79+34
Occupants de poids lourds42non précisée

La voiture concentre près de la moitié des décès. Les usagers sans carrosserie, piétons, cyclistes, motards et utilisateurs de trottinettes, pèsent pourtant 47% des morts et 67% des blessés graves. La progression la plus brutale vient des trottinettes et engins motorisés, avec 34 morts de plus et 38% de blessés graves supplémentaires. Pour les motards, notre page sur l'assurance moto détaille les garanties qui comptent vraiment.

Selon l'âge et le sexe

Les 18 à 24 ans restent les plus exposés, avec 528 morts et 96 tués par million d'habitants, presque le double de la moyenne. Les adolescents de 14 à 17 ans inquiètent aussi, avec 133 morts, soit 39 de plus qu'en 2024. À l'autre bout, les 75 ans et plus comptent 538 décès, et notre guide sur la conduite des seniors aborde ce sujet sans tabou.

Dernier constat, et il ne surprendra personne. 77% des personnes tuées sont des hommes, et ils représentent 83% des présumés responsables d'accidents mortels.

Où et quand les accidents arrivent

Les routes hors agglomération d'abord

Les routes hors agglomération concentrent 1 973 morts, soit 60% du total. La ville en compte 1 031, et l'autoroute 259, en hausse de 8,4%. Autre donnée marquante, 42% des victimes meurent dans un accident qui n'implique qu'un seul véhicule. Une sortie de route, un arbre, un virage pris trop vite, et personne d'autre en cause.

À 80 km/h, une voiture parcourt plus de 20 mètres avant même que le conducteur commence à freiner. Notre page sur le temps de réaction et les distances d'arrêt montre à quel point la marge fond vite.

L'été, saison la plus meurtrière

La métropole compte en moyenne 272 morts par mois. De janvier à avril, on tourne autour de 220. De mai à décembre, la moyenne grimpe à 298. Août 2025 a été le mois le plus lourd avec 340 tués, et février le plus calme avec 195. La pire semaine de l'année, celle du 7 juillet, a compté 91 morts.

Les causes des accidents mortels

Vitesse et alcool en tête

L'ONISR a analysé les facteurs relevés chez les 3 235 présumés responsables d'un accident mortel. Son rapport de synthèse 2025 est sans ambiguïté, puisque « la vitesse excessive ou inadaptée et l'alcool restent les deux premiers facteurs cités ». La vitesse apparaît chez 29% d'entre eux, l'alcool chez 21%.

Un même accident cumule souvent plusieurs facteurs, ce qui explique que les pourcentages dépassent 100% une fois additionnés. Les règles à connaître sont sur notre page consacrée à l'alcool au volant.

Inattention, stupéfiants et malaises

L'inattention est citée pour 13% des présumés responsables, les stupéfiants et les malaises pour 11% chacun. Viennent ensuite les manœuvres dangereuses et les refus de priorité, à 10% chacun, puis la circulation à contresens, à 4%. On parle pourtant peu des stupéfiants, et notre page sur les drogues au volant rappelle les sanctions.

En 2026, une tendance encore fragile

Les derniers mois

Le printemps a mal commencé. En avril 2026, 306 personnes sont mortes sur les routes de France, 15% de plus qu'en avril 2025. L'été a ensuite été plus clément. D'après le baromètre d'août 2026, la métropole compte 263 tués en août, contre 340 un an plus tôt, après 310 en juillet contre 334.

Sur les douze derniers mois, la mortalité recule de 1%. C'est mieux qu'une hausse, mais trop peu pour parler de retournement.

La France face à ses voisins

L'Union européenne a compté environ 19 400 morts sur ses routes en 2025, 3% de moins qu'en 2024, d'après les chiffres provisoires de la Commission européenne. La Suède affiche 20 tués par million d'habitants, le Danemark 23. Avec 49 tués par million en métropole, la France reste loin des meilleurs élèves.

Questions fréquentes

Combien de morts sur les routes de France en 2025 ?

3 515 au total, dont 3 263 en métropole et 252 dans les territoires ultramarins. C'est 2,4% de plus qu'en 2024.

Quelle est la première cause des accidents mortels ?

La vitesse excessive ou inadaptée, relevée chez 29% des présumés responsables. L'alcool suit, à 21%.

Quels usagers sont les plus exposés ?

Les 18 à 24 ans, avec un risque presque deux fois supérieur à la moyenne. Les motards, les piétons et les cyclistes paient aussi un lourd tribut au regard de leur part dans la circulation.

Que faire si vous êtes témoin d'un accident ?

Protégez la zone avec vos feux de détresse et votre gilet. Alertez ensuite le 112, le 15, le 17 ou le 18, ou envoyez un SMS au 114 si vous ne pouvez pas parler. Ne déplacez jamais un blessé, sauf danger immédiat. Sans blessé, le constat amiable se remplit ensuite sur place.

Comment reprendre le volant après un accident ?

Une appréhension est normale les premières semaines. Si elle s'installe, notre page sur la peur de conduire propose des solutions concrètes, de la reprise avec un enseignant jusqu'au psychologue.

Revoir le code aide à éviter les accidents ?

Ça ne remplace pas la prudence, mais les priorités et les distances bien en tête évitent beaucoup d'hésitations. La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté le résumait dans le communiqué du baromètre d'avril 2026, « Derrière chaque accident évité, il y a une vie sauvée ». Nos séries gratuites font une bonne révision.